Blason Abbaye de Sept-Fons

Abbaye Notre Dame de Sept-Fons

de l'Ordre Cistercien de la Stricte Observance
dit Trappiste

fondée en 1132
Vue aerienne Abbaye de Sept-Fons
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Histoire à vol d'oiseau de l'Abbaye de Saint-Lieu à Sept-Fons

Sur les bords de la Loire, aux confins des départements de l’Allier de la Saône et Loire et de la Nièvre, s’élève l’Abbaye Notre Dame de Sept-Fons.

Elle appartient à l’Ordre de Cîteaux. Son nom historique est Abbaye Notre Dame de Saint-Lieu.

Au XIe siècle, en 1098 exactement, des moines venus de l’Abbaye de Molesmes en Champagne, fondèrent le monastère de Cîteaux au sud de Dijon, pour y vivre sans compromis, en la prenant non pas à la lettre, mais au sérieux, la Règle qu’ils avaient fait profession d’observer. Celle-ci avait été écrite au VIe siècle par celui qu’on appellera le Père des moines d’Occident : saint Benoît.

Le nom de Cîteaux semble venir du mot latin « Cistellum », roseau, ce qui laisse supposer que le nouveau monastère fut établi dans des terrains marécageux.

Les Cisterciens, comme on les appela, voulaient faire de leur vie, grâce à la méditation de l’Ecriture Sainte, au travail manuel, à la pénitence, à la pauvreté réelle, à l’obéissance, à la charité fraternelle et au silence en vue d’une prière aussi continuelle que possible, une recherche persévérante et organisée de l’intime union d’amour avec Dieu, une véritable offrande d’eux-mêmes à la louange de sa gloire et, du même coup, une généreuse contribution au salut de tous les hommes.

Durant les premières années qui suivirent la fondation, à cause de la grande austérité de la vie qu’on y menait, les vocations furent rares au nouveau monastère. Mais en 1122 une troupe de trente jeunes seigneurs ayant à leur tête Bernard de Fontaine, le futur Abbé de Clairvaux, qui devait devenir l’un des saints les plus marquants de l’Europe médiévale, se présente au nouveau monastère et ce fut en quelques année le magnifique essor de l’Ordre de Cîteaux dont la spiritualité est caractérisée par l’esprit de simplicité, de sobriété, le souci d’authenticité, le sens de l’absolu, s’alliant à la joie de la cordialité communautaire et à la douceur de la paix du Christ.

Par toute la France et l’Europe d’alors, les Abbayes Cisterciennes s’édifièrent : Fontenay, Sénanque, Le Thoronet, Fontfroide, Pontigny… autant de monastères dont l’architecture, sacrifiant tout ce qui était secondaire ou factice, reflète parfaitement l’idéal du moine qui se dépouille de tout pour se consacrer à l’essentiel : la vérité et la pureté de sa relation d’amour avec Dieu.

En 1115, saint Etienne Harding, troisième Abbé de Cîteaux, envoyait saint Bernard fonder Clairvaux. Trois ans plus tard Bernard fondait en 1118 l’Abbaye de Fontenay, et Fontenay, à son tour, fondait l'Abbaye de Saint-Lieu à Sept-Fons en 1132. Le petit groupe des fondateurs avait à sa tête Richard de Montbard accompagné de son frère Guillaume, proches parents de Bernard de Fontaine. 

Pendant des siècles à Sept-Fons, la vie des moines fut régulière et rayonnante. Puis lentement, la ferveur diminua, la nécessité d’une réforme énergique se faisait sentir.

L’Abbaye tombait en ruines et se dépeuplait lorsqu’en 1656 fut nommé comme Abbé de Sept-Fons, Dom Eustache de Beaufort, jeune religieux de 20 ans qui semblait alors plus attiré par les fastes de la Cour que par les austérités de la vie monastique. Le nouvel Abbé prit possession de son monastère en 1661, et moins de deux ans plus tard, converti à la vie régulière, il commençait sa réforme huit mois avant celle entreprise à l’Abbaye de la Trappe, en Normandie, par le célèbre filleul de Richelieu : Dom Armand-Jean Le Bouthillier de Rancé.

Sous la ferme direction de Dom Eustache de Beaufort, Sept-Fons vit de nouveau les vocations affluer, la ferveur renaître, et pendant tout le XVIIIe siècle jusqu’à la Révolution connut une de ses plus belles périodes.

Un successeur de Dom Eustache, Dom Dorothée Jalloutz, reconstruisit le monastère dans le style de l’époque. C’est de cette restauration, qui venait d’être achevée en 1789, que datent les vastes bâtiments aux toits mansardés que l’on voit aujourd’hui.

En 1791, les moines sont expulsés. L’Abbaye est vendue comme « bien national ». Pendant la Terreur plusieurs moines de Sept-Fons confessent leur foi sur les fameux pontons de Rochefort.

Il faudra attendre 1845 pour que les moines, après un long exode qui allait les conduire de refuge en refuge, reviennent habiter Sept-Fons.

En 1791, ce fut le couvent de la Valsainte, en Suisse. Puis le monastère de Darfeld, dans le sud de l’Allemagne, en 1795. Enfin en 1816, après la chute de l’Empire, le retour en France et l’installation à l’Abbaye du Gard, dans le diocèse d’Amiens.

Plus tard, Dom Stanislas Lapierre, Abbé de Gard, parvint à racheter Sept-Fons et à y transporter sa communauté. En 1845, la vie monastique reprit ainsi dans l’Abbaye Bourbonnaise, et depuis lors elle n’y a plus jamais cessé.

En 1892, ce fut l’Abbé de Sept-Fons, Dom Sébastien Wyart, que Léon XIII chargea de réunir en un seul Ordre la plupart des Cisterciens, ralliés à la Réforme de la Trappe (d’où leur nom populaire de Trappistes). Dom Sébastien Wyart devint ainsi le premier Abbé Général de l’Ordre des Cisterciens Réformés (ou de la Stricte Observance) qui compte aujourd’hui trois mille moines et deux mille moniales.

Dom Jean-Baptiste Chautard lui succéda comme Abbé de Sept-Fons (1899 – 1935) ; il marqua de sa forte personnalité religieuse l’Eglise de France au début du XXe siècle. Dans les années du Combisme, il joua un rôle important et efficace, obtenant de Clemenceau que soient épargnées aux monastères de l’Ordre les conséquences des lois laïques qui prévoyaient l’expulsion des religieux et la confiscation de leurs biens. Par son livre « L’Ame de tout Apostolat » qui fut traduit dans de nombreuses langues, il exerça une influence durable sur des générations de prêtres et de laïcs.

De nos jours après des siècles d’Histoire ou plus simplement d’existence, les moines de Sept-Fons continuent à chercher Dieu et s’efforcent de rester fidèles à la consigne de leur législateur saint Benoît « Ne rien préférer à l’amour du Christ. »